Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) dresse un bilan préoccupant de la délinquance enregistrée en 2025, marquée notamment par une forte progression des refus d’obtempérer lors de contrôles routiers : ils ont augmenté de 11 % par rapport à 2024, après une période de stabilité l’année précédente. Les forces de police et de gendarmerie ont ainsi relevé environ 28 200 cas, dont une part non négligeable de 6 200 refus aggravés, mettant directement en danger les personnes présentes sur la voie publique, y compris les agents chargés du contrôle.
Cette hausse marque un tournant après plusieurs années de baisse ou de stagnation et s’inscrit dans une tendance plus large de montée des violences contre les forces de l’ordre. Les refus d’obtempérer constituent un facteur clé d’accidents graves, de blessures et parfois de décès, comme l’illustrent de nombreux faits divers récents : collisions lors de poursuites, policiers traînés sur plusieurs mètres et situations où l’autorité de l’État est défiée ouvertement.
D’après le SSMSI, cette progression survient dans un contexte où d’autres indicateurs de la délinquance sont également orientés à la hausse : violences physiques, violences sexuelles ou infractions liées aux stupéfiants. En parallèle, certains délits contre les biens, comme les cambriolages et les vols de véhicules, diminuent ou stagnent.
Les refus d’obtempérer, qui désignent légalement le fait de ne pas se soumettre à une injonction d’arrêt d’un agent de police ou de gendarmerie, peuvent varier du simple délit routier au refus aggravé lorsqu’ils exposent les personnes à un risque de mort ou de blessures graves telles qu’amputations. Cette évolution statistique alimente le débat public sur les stratégies d’intervention, les règles d’engagement et la sécurité des contrôles routiers en France.