Policier hors service molesté à la sortie d’un bar: les agents ont-ils des cibles dans le dos?

Il n’était pas en uniforme. Il était simplement venu passer une soirée dans le Marais, à Paris. Mais au petit matin, Pierre Picavet, policier et président de l’association FLAG!, qui défend les agents LGBT+ des ministères de l’Intérieur et de la Justice, a été roué de coups à la sortie d’un bar. Une carte professionnelle de police sortie pour tenter de calmer son agresseur n’aurait rien changé.

Les faits se sont produits dans la nuit de vendredi à samedi, peu avant 4 heures du matin. Selon le récit de la victime, relayé notamment par Le Parisien, une altercation a éclaté à la sortie de l’établissement. L’homme lui aurait lancé des insultes homophobes et des menaces de mort avant de le frapper à plusieurs reprises. Une bouteille aurait finalement été projetée ou utilisée pour le frapper à la tête.

Le bilan est particulièrement lourd. Pierre Picavet a été hospitalisé, souffrant de multiples fractures au visage et au crâne ainsi que d’une hémorragie intracrânienne. Une incapacité totale de travail supérieure à huit jours lui a été prescrite.

L’auteur présumé, un jeune homme né en 2006 et inconnu de la justice, a été interpellé. Une enquête a été ouverte pour violences suivies d’une incapacité supérieure à huit jours commises en raison de l’orientation sexuelle de la victime. Lundi, un juge d’instruction a été saisi du dossier.

Cette affaire pose néanmoins une question qui dépasse le seul caractère homophobe des violences : qu’arrive-t-il lorsque ceux qui font respecter l’ordre deviennent des cibles jusque dans leur vie privée?

Un policier hors service reste un policier. Il ne cesse pas d’être celui qui, le lendemain, pourra contrôler, interpeller, enquêter ou porter secours. Et lorsqu’il sort son portefeuille professionnel pour tenter de désamorcer une situation, constater que cela ne suffit plus est un signal particulièrement inquiétant.

Il serait toutefois prématuré d’affirmer que Pierre Picavet a été agressé parce qu’il était policier. Les investigations devront établir les motivations exactes de son agresseur. Mais le fait demeure : un fonctionnaire de police, même hors service, peut être rattrapé par sa qualité d’agent de l’État au moment même où il devrait pouvoir n’être qu’un citoyen parmi les autres.

Après les attaques contre les policiers dans la rue, dans les commissariats ou lors des interventions, voici une autre réalité : la vulnérabilité peut aussi commencer une fois l’uniforme retiré.

Et c’est peut-être là le plus préoccupant. Car si le policier ne peut plus se sentir protégé lorsqu’il n’est pas en service, où s’arrête exactement le risque lié à son métier?