Trois policiers blessés par des délinquants qui s’opposent à une interpellation

Trois policiers blessés lors d’une même interpellation. À Narbonne, la scène survenue dimanche soir illustre une réalité devenue familière pour les forces de l’ordre : certaines interventions ordinaires peuvent rapidement se transformer en affrontements physiques, avec des agents exposés à des violences parfois difficiles à anticiper.

Il est environ 19h30 lorsque des policiers de la brigade anticriminalité se rendent sur un city-stade narbonnais où se trouve un homme inscrit au fichier des personnes recherchées et frappé d’une interdiction de séjour dans l’Aude. À l’arrivée des fonctionnaires, l’intéressé prend la fuite à pied. Il est finalement localisé dans une maison privée. C’est au moment de son interpellation que la situation dégénère.

Selon les premiers éléments rapportés par les enquêteurs, l’homme se rebelle violemment. Plusieurs personnes présentes tentent également de s’opposer à l’arrestation. Trois fonctionnaires sont blessés : un policier de la BAC, un agent de police-secours et un policier municipal. L’homme est finalement maîtrisé puis placé en garde à vue.

Le bilan aurait pu être plus lourd. Mais cet épisode pose une nouvelle fois la question de l’exposition des policiers lors des interventions de terrain. Une interpellation qui commence par une simple recherche peut déboucher en quelques secondes sur une confrontation physique, alors même que les agents ignorent parfois le nombre de personnes susceptibles d’intervenir autour du suspect.

Narbonne n’est d’ailleurs pas un cas isolé. Quelques jours auparavant, à Saint-Pierre-des-Corps, une collision entre une voiture de police et une moto sur fond de rodéo urbain avait été suivie de plusieurs heures de violences. Des policiers avaient été blessés par des projectiles, dont un avait reçu un pavé à la tête, tandis qu’une quinzaine de véhicules étaient incendiés.

À Beauvais, le 19 septembre, une intervention était devenue autrement plus dramatique : un homme présenté par le parquet comme armé et menaçant avait ouvert le feu alors que les policiers tentaient de pénétrer dans son domicile. Un fonctionnaire avait été touché au bras. Les policiers avaient riposté, tuant l’homme. Deux enquêtes ont été ouvertes, dont une sur l’usage des armes par les forces de l’ordre.

À ces situations s’ajoutent les refus d’obtempérer, les guets-apens et les violences lors des interpellations. À Rillieux-la-Pape, deux policiers municipaux avaient ainsi été blessés en septembre après avoir été encerclés par une quinzaine d’individus cagoulés qui avaient lancé des pierres et des cocktails Molotov contre leur équipage. Deux jours d’ITT avaient été prescrits aux agents.

Ces affaires ne permettent pas, à elles seules, de mesurer une évolution statistique de la dangerosité du métier. Elles montrent en revanche la diversité des menaces auxquelles les policiers peuvent être confrontés : un contrôle routier, une interpellation, une intervention pour des violences ou même une opération dans un quartier peuvent basculer brutalement.

À Narbonne, trois agents issus de services différents ont ainsi été blessés au cours d’une seule arrestation. Une illustration concrète d’un métier dans lequel le risque ne se limite plus aux opérations exceptionnelles : il peut surgir au détour d’une intervention quotidienne.