La victoire du Paris-Saint-Germain, samedi 30 mai contre Arsenal en Ligue des champions, a comme prévu engendré des émeutes et des pillages en région parisienne ainsi que dans d’autres endroits de France.
Un mort, 890 interpellations, 178 policiers blessés: le bilan est très lourd. Et il est impossible de chiffrer les blessés parmi les émeutiers ou les personnes ayant eu la malchance de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.
Dans la plupart des cas, les individus à l’origine de ces graves troubles proviennent de quartiers classés (tacitement) “hors contrôle” par les responsables de notre sécurité.
Pourtant, notre ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, se pavane en déclarant sans honte: “La situation était sous contrôle”. On imagine mal, dans le cas contraire, ce qu’il en aurait pu advenir.
Cela étant, il n’est pas tout à fait certain que les commerçants ayant vu leur vitrine défoncée et leur magasin pillé, les policiers attaqués par les émeutiers, les personnes agressées dans la rue ou sur le périphérique parisien aient eu, de leur côté, la même sensation de “contrôle”. Une affaire de sensibilité, sans doute.
Rappelons que Laurent Nunez, avant d’investir ce joli poste offert par son copain Macron, occupait la charge non moins importante dans le sujet qui nous occupe de préfet de Paris. Au vu de l’évolution de ce genre d’événement dans la capitale, on peut légitimement se questionner sur son acception du terme “contrôle”, qui revient d’ailleurs de façon insidieuse tout au long de ce texte.
Mais c’est peut-être qu’il nous faut nous interroger, nous aussi, sur la manière dont nous nommons les choses. Sous peine d'”ajouter au malheur du monde”, prévenait Camus. Après tout, les violences urbaines, ce n’est possiblement qu’une question de terminologie. Exemple: les émeutiers qualifient sans doute les événements de samedi une “sympathique célébration”. Chacun sa France, chacun sa langue française.