Les images largement diffusées sur les réseaux sociaux et montrant des policiers « violentant » un jeune à Vitry-sur-Seine (94) méritent quelques précisions. Et, à tout le point, de comparer les « on dit » à la version des agents eux-mêmes. Cette dernière permettant d’élargir un peu son point de vue sur l’affaire et d’enterrer (comme bien souvent) les accusations grossières de «violences abusives» de la part des FDO.
Samedi 22 mars, la police a été avertie vers 19 h d’un barbecue sauvage dans la cité des Peupliers. Une patrouille se déplace, mais ne constate dans un premier temps aucun débordement.
Une heure plus tard, des riverains contactent la police pour se plaindre du bruit et de la fumée. Sur place, l’équipage de police constate cette fois-ci la présence d’une quarantaine de jeunes, «avec musique à fond», et un barbecue au milieu de la cité. Les agents demandent alors aux organisateurs de baisser le volume de l’enceinte, puis quittent les lieux.
Ils sont alors insultés à plusieurs reprises, au point de décider de revenir avec du renfort, en l’occurrence l’appui d’une brigade cynophile (comprenant des chiens).
De retour sur place, les agents demandent qu’il soit mis fin au barbecue, ainsi que la dispersion des personnes sur place. Certains participants obtempèrent et commencent à ranger, tandis que d’autres, au contraire, restent assis et fixent les policiers dans une attitude provocante.
Certains participants se mettent également à insulter les agents cynophiles : «vas-y bouge de là», «tu fais pitié avec ton chien». La situation dégénère encore lorsque Victor, le chien d’un agent d’une brigade cynophile, est pris à partie par plusieurs personnes et reçoit un coup de pied au niveau du flanc. Les policiers indiquent être encerclés et visés par des projectiles.
Pour disperser la foule, les effectifs de police font usage de deux grenades lacrymogènes et d’un tir de LBD. Les participants récalcitrants prennent alors la fuite, en courant. Dans la précipitation, l’un des jeunes serait tombé sur la tête et se serait cassé le nez.
Les policiers disent alors s’être rendus sur place, un peu plus loin, pour lui porter secours jusqu’à l’arrivée des pompiers. Mais là encore, la situation se serait rapidement tendue, avec le regroupement d’une quarantaine de personnes hostiles, «prêtes à en découdre», accusant les policiers de violences policières.
Depuis, la police craint des représailles. «On venge les nôtres, mort aux keufs» a été tagué sur un mur de la cité.
Dimanche soir, des poubelles ont été incendiés.
«Cinquante jeunes attendaient notre intervention pour nous tendre un guet-pens», indique une source policière, qui précise que plusieurs armes ont été saisies, photo à l’appui. Une personne aurait été interpellée à cette occasion pour jets de projectiles.
Ce mardi 24 mars, selon une source policière locale, un équipage BAC a été visé par un coktail molotov. Plusieurs personnes auraient été interpellées.