Fin de partie pour tous ceux qui le croyaient innocent : Cédric Jubillar passe enfin aux aveux, près de six ans après les faits.
Celui qui est incarcéré depuis maintenant cinq ans, reconnu coupable et condamné en première instance, a finalement changé de stratégie de défense. À deux mois de son procès en appel, il allait comparaître avec de nouveaux avocats, avec qui il a visiblement noué des liens de «confiance». Il serait, selon les dires de son conseil, Me Pierre Debuisson, prêt à «reconnaître sa culpabilité dans la disparition de sa femme Delphine» et à «donner une sépulture à la mère de ses deux enfants».
On passera sur le fait que Jubillar n’ait pas agi dans le strict respect des procédures, qu’il ait formulé ses aveux par écrit dans une lettre remise à son avocat. Peu importe, finalement, et l’on pouvait difficilement attendre mieux de quelqu’un qui mène tout le monde en bateau depuis des années. Le criminel va enfin collaborer avec la Justice afin de mener les enquêteurs sur les lieux où repose le corps de son ex-épouse.
Ces aveux, outre le fait qu’ils permettront aux proches de Delphine Jubillar de comprendre cette nuit tragique du 15 au 16 décembre 2020, constituent également un clap de fin pour tous les tenants de la théorie de l’erreur judiciaire. Les détectives en herbe, prompts à dégainer leurs arguments de stream-comptoir et leurs soi-disant documents exclusifs, se retrouvaient bien souvent dans la thèse de l’enquête bâclée, des beaufs militaro-flicards pressés de terminer une enquête qui déchargerait par ailleurs la pression des politiques et des magistrats.
Pour nombre de journalistes avides de ces histoires sordides et complexes, c’est aussi une petite douche froide. Cette fois, il ne sera pas possible, comme dans les cas de Raddad ou de Ranucci, de faire passer la pilule de l’innocence condamnée. Il ne sera pas permis aux tenants d’une justice aveugle et de gendarmes et policiers benêts de proclamer leur toute-puissance introspective et éclairée. La Justice a parfois tort, les forces de l’ordre sont parfois dans l’erreur ; mais, toujours, la vérité triomphe.